Qui prédit l’avenir de ses enfants pendant les devoirs ?

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Qui prédit l’avenir de ses enfants pendant les devoirs ?

Moi je l’avoue ! Une note en dessous de la moyenne et voilà l’avenir des mes enfants tout tracé. Décrochage scolaire, voie de garage, difficultés à trouver du travail, en quelques secondes je leur prédis un avenir des plus moroses. Pourquoi de telles prédictions ? Comment s’en éloigner ? Suivez- le guide !

Mes peurs et mes angoisses à l’origine de mes prédictions

Lorsque j’ai fait l’émission de radio « journal d’une jeune maman » il y a quelques jours, il avait avant moi le Dr BRONSARD, pédopsychiatre, qui intervenait sur les TOCs. Il expliquait que les angoisses étaient naturelles, tapies au plus profond de notre nature humaine.

J’en déduis que si j’angoisse pour mes enfants c’est que je suis normale. Ouf ! Ces peurs et ces angoisses viennent très certainement de mon vécu, de ma vision du monde, de ma personnalité, et des mes objectifs, de ma perception de mon rôle de mère et bien d’autres choses encore. Mais suis-je obligée de les transmettre à mes enfants ? Est-ce vrai que s’ils échouent à leurs tests leur avenir va être compliqué ?

Le premier pas c’est d’avoir conscience que je projette tout cela sur mes enfants à l’heure des devoirs. Parce-qu’il est vrai que je pourrais attendre d’avoir la note avant d’émettre une quelconque remarque. Bien souvent il y a un écart entre ce qu’il se passe à la maison pendant les devoirs et le résultat scolaire. Parfois c’est acquis à la maison et pas du tout retranscrit lors des évaluations (vis ma vie de DYS !). Parfois à la maison ce n’est pas su ou compris et pourtant l’évaluation se passe bien (vis ma vie de DYS aussi !).

Alors si j’ai des peurs ou des angoisses, peut-être que j’ai intérêt à travailler dessus ! Comment ? Plusieurs possibilités : psy, hypnothérapeutes, sophrologues, super meilleure amie, toute seule dans son coin, ateliers parentaux. Des solutions existent. A vous de trouver la votre.

Personnellement j’arrive la plupart du temps à me rendre compte que je joue les Madame Irma. J’ai comme une alerte. Je m’arrête et je joue à trouver quelle peur se cache derrière. Ensuite je réfléchie à comment faire en sorte de passer le message sans y ajouter mes peurs. Ici je pourrais dire « As-tu révisé ton évaluation pour lundi ? As-tu besoin d’aide ? ». S’il me répond non, et bien j’attends d’avoir le résultat. Et s’il ne correspond pas à mes attentes ou à celle de mon enfant, j’ouvre la discussion (cf l’article sur le bulletin et sur la moyenne)

Une distorsion du temps

Une vision du temps erronée est aussi à l’origine de mes prédictions. Je passe de maintenant à dans 10 ou 15 ans en un claquement de doigts. L’évaluation va directement me projeter de l’école au milieu professionnel. En faisant cela, j’occulte complètement les expériences, la maturité, l’évolution de mon enfant. Un peu comme s’il n’avait pas son mot à dire, comme s’il n’intervenait pas, comme s’il n’était pas acteur de son avenir.

Replongez-vous 10 ou 15 ans en arrière. Regardez ce que vous avez accompli, expérimenté. Observez votre évolution. Vous n’êtes plus du tout la même personne, tant vous avez appris de toutes vos expériences.

Pour les enfants et les apprentissages c’est pareil. Certains se révèlent au lycée, d’autres après, d’autres dans leurs métiers. J’ai moi-même repris le chemin de l’école il y a 8 ans après une pause de 10 ans ! Après mon BTS électronique (et oui j’ai un BTS électronique en étant Dyscalculique, un exploit !). Nos enfants ont aussi la possibilité de reprendre des études plus tard si le coeur leur en dit. Laissons-leur le droit d’évoluer et de faire leurs preuves.

Ne pas prédire et rester vigilant

Cela ne veut pas dire pour autant que nous devons démissionner. Nous pouvons rester vigilants et faire en sorte que nos enfants, sans être des premiers de la classe, ne décrochent pas. Et pour cela, nos prédictions moroses ne sont d’aucune aide si on se laisse embarquer dans des scénarios catastrophiques.

En revanche, nous pouvons, en prenant conscience de tout cela, prendre du recul et agir : discuter avec nos enfants, les professeurs, des professionnels, des amis, des associations. La peur est utile quand elle nous permet d’agir. C’est d’ailleurs sa fonction première. Faire des prédictions n’aide en rien nos enfants à avancer lorsqu’ils rencontrent des difficultés.

Conclusion

Les prédictions sont le reflet de nos peurs et de nos angoisses. Nous nous laissons alors embarquer dans des scénarios catastrophes dans lesquels nos enfants n’ont d’autre choix que de subir. Pourtant, ils sont acteurs de leur apprentissage.Prendre conscience de ce que nous projetons sur nos enfants à l’heure des devoirs est déjà un premier pas énorme pour éviter les conflits. A vous de voir si par la suite, il y a nécessité d’agir. Ce n’est pas facile à faire, mais ça vaut la peine de contrer cette habitude. Parce-que nous demandons à nos enfants de gérer nos peurs en travaillant « correctement ». Les enfants sont acteurs de leurs apprentissages aussi. Rien n’est écrit tout se construit ! Belle journée !

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